Alex Demers
 

Alex Demers

Avec sa longueur de 11 000 pieds, sa largeur de 200 pieds et sa hauteur de 500 pieds, le nouveau pont Champlain est une réelle merveille (et le traverser est un véritable plaisir!). La construction de ce dernier fut colossale, tant à cause de sa situation géographique, traversant le fleuve Saint-Laurent et joignant l’île de Montréal à la Rive-Sud, que sa réalisation pendant nos rigoureux hivers québécois, ainsi que le fait que l’ancien pont, situé à un jet de pierre du chantier, était toujours utilisé par les automobilistes.

« Nous avions plus de 1 300 pièces surdimensionnées provenant de partout au Québec ainsi que de l’Espagne, mais nous n’avions pas la possibilité de les recevoir sur le site. » explique Alex Demers ‘07, qui, au moment de la construction, était directeur de la gestion des équipements et de la logistique chez SNC-Lavalin ainsi que directeur de l’approvisionnement, de la gestion des équipements et de la logistique pour Signature sur le Saint-Laurent, le consortium qui a géré le projet.

Des contraintes imprévues entourant le transport des matériaux et des équipements vers le site ont forcé Demers et son équipe à concevoir de nouvelles façons de déplacer les matériaux vers le site et à établir une stratégie multimodale de logistique.

« Nous assemblions un Lego géant », dit-il. « Nous devions utiliser des bateaux, des péniches, des trains, des camions modifiés et des grues uniques. Une fois les Lego terminés, des milliers de camions venaient sur le chantier avec les plus petits morceaux. Nous devions bâtir une équipe d’employés un peu fous pour travailler avec des idées tout aussi folles! »

Et ils ont travaillé très fort. Demers et son équipe ont réussi un véritable miracle en matière de transport, en coordonnant les livraisons de pièces préfabriquées en béton de Drummondville ainsi que les structures en acier provenant de Québec, Trois-Rivières et Terrebonne, sans oublier les énormes coiffes de pilier et les travées principales provenant d’Espagne, et le transport fluvial de matériaux sur le fleuve.

Un défi exigeant comportant une série interminable de mésaventures et de problèmes. Ce fut néanmoins l’un des moments marquants dans la carrière Demers. « Ce pont m’a apporté tant de joie », dit le diplômé. « Je suis fier d’avoir fait partie de cet héritage. Mon fils est né à mi-chemin dans l’aboutissement du projet. Au fil du temps, mon fils grandira et traversera ‘le pont de Papa’. Ce qui est extraordinaire, c’est que plus de 1600 personnes ont travaillé sur le pont et, à un moment quelconque dans leurs vies, leurs familles surnommeront également ce pont le ‘pont de Maman’, le ‘pont de Grand-papa’.»

Demers a toujours possédé ce talent pour faire avancer les choses. Avec son baccalauréat en administration des affaires (double majeure en gestion des systèmes d’information et marketing) et une mineure en économie, le sens de l’organisation et de la prévoyance étaient naturellement acquis. Suivant l’obtention de son diplôme, il est retourné à Calgary pour œuvrer dans les domaines de la logistique et de l’entreposage. Rapidement, Demers prit les rênes de son équipe, gérant ainsi l’équipe ainsi que de multiples entrepôts. « Je crois que l’entreprise a reconnu les compétences acquises lors de mon passage à Bishop’s. J’ai appris à m’adapter à diverses situations, à défier le statu quo et à trouver un équilibre entre ma vie personnelle et professionnelle. » nous confie Demers.

Depuis ses études à Bishop’s, sa vie a pris une trajectoire ascendante. Demers a participé à de nombreux projets en Australie ainsi qu’en Turquie avant de s’établir à Montréal pour s’attaquer au projet du pont Champlain. Après avoir travaillé des heures et des heures sans prendre de repos durant deux ans, Demers et sa famille ont déménagé en Floride et pris une sabbatique d’un an tout en cherchant la prochaine grande aventure. « Juste avant notre déménagement, on m’a demandé de collaborer sur un projet pour l’aéroport international Montréal-Trudeau », nous avoue-t-il. « Essentiellement, le projet consistait à construire la station de l’aéroport pour le Réseau express métropolitain (REM). Le REM est un nouveau réseau qui relie différentes régions de la grande couronne montréalaise au centre-ville de Montréal. Ce serait un projet intéressant qui vient complémenter le projet précédent, un autre point d’entrée dans la ville. »

Demers demeure très ancré à Bishop’s. Il garde d’incroyables souvenirs de ses années en tant que joueur de rugby pour les Gaiters de Bishop’s et il maintient des contacts avec certains de ses professeurs. « Plusieurs professeurs ont fait la différence dans mon parcours universitaire. Nous gardons le contact via Facebook et LinkedIn, et je sais pertinemment que je pourrais prendre le téléphone et les contacter à tout moment lorsque le besoin se présente. Ils font encore directement ou indirectement partie de ma vie. C’est une caractéristique unique à Bishop’s qu’on n’observe pas ou peu dans d’autres universités. »

Article tiré du magazine Bishop’s University, no. 53, Automne 2019