Deuxième allocation de congé – Message de Robert Hall

Deuxième allocation de congé – Message de Robert Hall

À la communauté Bishopoise,

Je suis président du Conseil des gouverneurs de l’Université Bishop’s depuis juin 2013. Même si je n’étais pas membre du Conseil quand nous avons embauché Michael Goldbloom comme principal et vice-chancelier en 2008, je demeure convaincu qu’il était le meilleur candidat pour l’intérêt de Bishop’s et que le contrat négocié avec lui était fidèle aux standards suivis par plusieurs universités canadiennes.

Le fait que l’on soulève maintenant la provision de traitement différé me laisse perplexe, car Bishop’s a fait preuve d’une grande transparence à l’égard du contrat avec le principal. En effet, il a été transmis au gouvernement au moment de son renouvellement en 2013. Il a aussi été affiché sur le site web de l’Université et a été transmis au Journal de Montréal à sa demande, il y a près d’un an.

On semble oublier aujourd’hui l’état de crise dans lequel se trouvait l’université quand le Conseil a entamé le processus de recrutement d’un nouveau principal en 2008. Le prédécesseur de Michael était un personnage controversé et la survie de l’université était sérieusement menacée par sa situation financière précaire. À cela, ajoutons également le défi constant pour Bishop’s de trouver et de recruter des dirigeants capables de fonctionner efficacement dans un environnement bilingue et prêts à venir vivre et travailler à l’extérieur de la métropole.

Lorsque le Comité de sélection a su que Michael Goldbloom était peut-être intéressé par le poste, il a trouvé cette nouvelle très encourageante. En effet, quiconque prêtait la moindre attention à la vie publique au Québec savait que Michael était un leader chevronné, qu’il était profondément engagé auprès de la communauté anglophone et de ses institutions, qu’il était à l’aise en français, qu’il était prêt à faire des choix dans sa carrière et que son engagement reflétait sa passion pour la vitalité du Québec anglophone.

En ce qui concerne la négociation de ses conditions salariales et de travail, en tant qu’employeur, nous devions composer avec plusieurs réalités incontournables. Comme il s’agissait d’un concours pancanadien, nous devions établir un salaire de base comparable à celui offert par d’autres petites universités canadiennes. En outre, Bishop’s n’avait pas la taille qui lui aurait permis d’offrir ce qui est devenu un incitatif standard dans les grandes universités, c’est-à-dire un poste permanent à la fin du mandat de recteur ou de président. Par conséquent, nous avons négocié le versement d’un traitement différé, équivalent à une année de salaire, au terme de la durée prescrite du mandat. Cette formule de rémunération correspond également à ce que reçoivent de nombreux autres présidents d’universités canadiennes.

Un deuxième traitement différé de 12 mois alloué à la fin d’un deuxième mandat de président d’université constitue une pratique courante ailleurs au Canada.

Il faut savoir que le principal de Bishop’s est nommé pour un mandat de cinq ans, et ce, sans garantie de renouvellement. Le fait d’offrir un traitement différé d’un an au terme d’un mandat à durée fixe était non seulement une façon d’attirer chez nous le candidat préféré qui avait déjà un bon emploi (M. Goldbloom était alors vice-recteur à l’Université McGill et avait été auparavant éditeur du quotidien The Gazette et du Toronto Star) pour un mandat d’une durée limitée au poste de principal, mais aussi de nous assurer d’embaucher un dirigeant de grande qualité.

Quant aux autres éléments de rémunération du contrat, nous avons appliqué des pratiques usuelles dans de telles négociations pour en arriver à un accord sensé sur le plan financier, tant pour Michael que pour l’université. Je continue d’être convaincu que cet accord est juste et raisonnable pour l’université. Cela est d’autant plus vrai à la lumière du rendement et du leadership remarquables fournis par Michael en tant que principal de Bishop’s.

Très rapidement, Michael a négocié une entente financière avec le ministre de l’Éducation qui a permis à l’université de survivre et d’améliorer sa situation financière grâce à une croissance sans précédent de son effectif étudiant et grâce à une gestion stricte de ses finances. Si le gouvernement du Québec avait tenu son engagement d’accroître les fonds accessibles aux universités par une augmentation des droits de scolarité et du financement public, le plan qu’il avait conçu et mis en œuvre aurait permis à Bishop’s de se doter d’assises financières solides.

Michael a aussi réalisé une révision générale de la gouvernance de l’Université pour rendre ses structures plus efficaces, transparentes et responsables. Michael a su apaiser plusieurs sources de tension et de division qui perduraient depuis quelques années: Il a fait preuve d’une gestion exceptionnelle à l’égard des négociations de conventions collectives et du régime de retraite du personnel de soutien et du corps professoral.

De plus, Michael a obtenu la plus importante injection de fonds gouvernementaux de notre histoire pour l’amélioration de nos installations. Ces argents ont notamment servi à la rénovation et à l’expansion du centre sportif qui a été inauguré cette année. Michael dirige actuellement une campagne de financement qui a déjà recueilli 22 millions de dollars en dons, une somme plus importantes que toutes celles levées par Bishop’s lors de campagnes antérieures.

Et j’en passe. Le fait est que Michael Goldbloom a été un dirigeant remarquablement efficace pour l’Université Bishop’s et qu’il vaut largement chaque dollar que nous lui payons. De plus, en cette période de défis financiers, nous continuons d’avoir besoin d’un leadership fort et fondé sur des valeurs. La décision que Michael a prise en 2013 de se réengager pour un deuxième mandat de cinq ans atteste de son profond engagement envers Bishop’s.

Il est important de souligner que Bishop’s n’est pas une agence du ministère de l’Éducation, mais bien une université à charte indépendante qui est dotée d’une structure de gouvernance ouverte et responsable, dont font partie des représentants de la communauté, du corps professoral et du personnel universitaire. Ceux-ci ont approuvé son contrat et son embauche pour un premier mandat, et ils ont depuis renouvelé son contrat avec enthousiasme à des conditions de rémunération essentiellement identiques.

La décision de Michael de faire passer les intérêts de l’Université Bishop’s en premier en renonçant à l’année supplémentaire de salaire différé auquel le renouvellement de son contrat lui donnait droit est un exemple de plus des valeurs et du caractère de l’homme. Encore une fois, je tiens à lui réitérer ma reconnaissance pour son leadership exceptionnel.

Robert Hall
Président,
Conseil des gouverneurs